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 In the end, as we fell into the night.

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MessageSujet: In the end, as we fell into the night.    11.03.14 18:11

In the end, as we fell into the night. Who will tell the story of your life?
Nemo & Cameron


Putain. Ma tête me fait souffrir. Bon, ok. Pas seulement que ma tête. Je dois dire que tous mes muscles me tuent, mais ça, je m’en plains moins. C’était une bonne nuit, je ne vais pas le nier, mais l’alcool aurait dut être un peu moins démesuré. J’étais assis au bureau d’accueil du studio, le Black Asylum, l’air complètement ailleurs, mes doigts glissant sur le rebord de mon verre empli d’eau. Je faisais dur, je ne le cacherai pas. Mais c’est, disons… chose qui se passe fréquemment au studio, qu’un tatoueur entre avec la gueule de bois. C’est pourquoi je ne fus même pas surpris quand une de mes collègues déposa l’énorme bouteille de tylenol -que l’on garde toujours en réserve pour les gros maux de tête- sur le bureau, un air rieur lui étirant le coin des lèvres. Je l’envoyai donc chier –amicalement, bien sûr- en lui tirant une tronche, majeur en l’air. Un merveilleux ‘fuck you, ma belle’, même si je l’adore quand même.

Je restai un bon moment la tête écrasée sur le bureau, le front sur le bois dur, fixant le sol ou mes pieds. Heureusement pour moi, je n’avais pas de clients aujourd’hui. Je restais au studio simplement au cas que quelqu’un se pointe et ait envie d’un tatouage à l’instant même. Ou encore si quelqu’un voulait prendre rendez-vous et voulais que je fasse des croquis d’avance. Juste faire acte de présence, quoi. Même si, au final, je ne semblais pas vraiment être là. J’avais plutôt l’air d’un mort que l’on mettait en décoration. Jusqu’à ce que je recommence à remuer légèrement. Je relevai la tête légèrement, juste assez pour que je puisse jeter un coup d’œil à l’extérieur. J’étais en train de me dire que je pourrais peut-être partir en tournée de café pour tout le monde, question que je fasse quelque chose de ma dépouille au lieu de faire mon parasite, quand je le revu. Lui. Un jeune homme aux cheveux de jais, plus ou moins longs –M’enfin, plus longs que les miens… bien que les miens soient tout de même d’une certaine longueur- grand et mince –très certainement aussi grand que moi, une des rares personnes qui le sont- une démarche assez sûr de lui, un look sombre… plutôt bel homme. Il m’intrigue et m’intriguera toujours. Ce type passe régulièrement devant le studio. À croire qu’il doit bosser ou habiter dans le coin.

« Oooooh. Nemo fait encore son fouineur au beau gosse qui passe. Non mais merde, va lui parler au lieu de le stalker. »

Le jeune homme sorti de mon champ de vision. Je laissai échapper un faible grognement agacé à la remarque de ma collègue. Elle ne me lâche jamais. Toujours une remarque quand je lève l’œil sur un autre mec. Ou encore que j’arrive au studio avec autre mec qui a voulu m’accompagner avec un café au matin-ish après un coup d’une nuit. Mais elle n’a pas tort. Je dois avoir l’air ridicule à chaque fois que le noiraud passe dans le coin et que je redresse soudainement la tête pour le regarder passer, mais que je n’ose même pas me lever et aller lui parler. Mais pour lui dire quoi ? Je vais quand même pas arriver et dire « Salut, t’es sex ». Un, ça manque de tac. Deux, j’ai pas envie de foutre un malaise en l’air, surtout s’il passe son temps à passer devant le studio. Aller. Il faut que j’arrête de penser à lui. Que j’arrête d’être ridicule comme tout. Je me penchai pour fouiller dans mon sac, question de sortir mon cahier à croquis, mais je réalisai que je ne l’avais pas. Je poussai donc un soupir avant de finalement me lever et m’étirer. J’attrapai mon sac en bandoulière que je posai sur mon épaule et prit direction de la porte du studio.

« Be right back, bitches. Si un client veut me parler, donnez lui mon numéro de portable. Je dois aller choper quelques trucs. »

Je passai par chez moi, où c’était encore le bordel de la nuit que j’avais passé, des vêtements un peu partout, et cherchai pour mes cahiers à croquis et crayons de plomb tout en attrapant une pointe de pizza froide qui restait de la veille. Puis je quittai pour cette fameuse tournée de caféine que j’avais décidé d’aller chercher pour mes collègues. Heureusement, on avait droit à une belle journée, aujourd’hui. La faible brise aidait à m’aérer et donc chasser ce mal de crâne. J’en profitai donc pour prendre le long chemin à pied pour le retour, deux cabarets complets de gobelets de café en main.
Quelle surprise en revenant au studio. Quand je relevai les yeux –j’ai la mauvaise habitude de souvent regarder vers le sol quand je marche…- je le revis à nouveau. Il était dehors, pas loin de la porte arrière du bar qui est à peine un coin de rue du Black Asylum. Il bosse là, pour qu’il flâne près de la porte arrière ? Généralement, les employés se regroupent là pendant leur pause pour fumer une clope ou deux. Mais lui, il est seul. Il attend peut-être quelqu’un. Fuck ! Il regarde vers moi. Arrête de fixer, Nemo. Stupid moose. Je me forçai à reporter mon regard au sol, sentant le sang me monter au joues, puis me dépêchai, à grande enjambé, de regagner la porte du studio, tentant machinalement de l’ouvrir, malgré mes deux mains complètement chargé entre les cabarets de carton, le sac sur l’épaule, le cahier à croquis sous le bras. Encore une fois, j’ai l’air ridicule. Ridicule doit être mon deuxième nom. Ok. Non, mon quatrième prénom, puisque j’en ai déjà trois –bravo, mom, pour ne pas te décider sur un prénom. Et il fallait que Ridicule revienne se montrer à côté du type que je zyeute à chaque fois qu’il passe. Oh come on, Nemo ! Open the damn door and stop being a stupid teenage girl !
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MessageSujet: Re: In the end, as we fell into the night.    21.03.14 0:33

I am the author of my life. Unfortunately, I am writting in pen and can't erase my mistakes.
Mein Herz ist ein Vacuum.


Glaciale était le jet de l'eau glissant sur la peau de mon corps frêle alors qu'aujourd'hui encore, je me préparais pour la travail. Les paupières closes, je savonnais énergiquement mes cheveux ébènes, dans le but de sortir au plus vite de cette cabine de douche. Mes faibles revenus ne pouvaient me permettre le payer l'eau chaude, et j'avais déjà un bon nombre de loyer de retard. Cependant, je pensais à ma mère affaiblie, comme faible enfançon dans le lit devenu trop grand, elle s'en allait peu à peu. Tout comme père, elle me quittait. Me pinçant les lèvres avant de lâcher un bref soupire, je coupais l'eau de la douche, venant de terminer de me rincer. J’attrapais rapidement une serviette sur le lavabo pres de la douche, pour finalement me sécher et me vêtir. Un simple t-shirt de groupe dans lequel j'avais découpé, une veste de cuire, un slim et des New Rocks était ce qui était chez moi le plus commun. J'entrepris ensuite de coiffer ma chevelure couleur de jais, terminant par un assombrissement de mes prunelles bleues à l'aide d'un crayon noir. Tant d'artifices pour assouvir le désir des hommes, pour un salaire. Cela aurait pu me faire rire en d'autres circonstances, mais en aucun cas, je ne voulais passer pour une  prostitué.  Un dernier regard envers mon reflet vide d'émotion, je me dirigeais hors de la salle de bain. Après un baiser sur le front fiévreux de ma mère et quelques mots doux murmurés, je sortis du studio, avec la ferme intention de me faire un peu plus d'argent que la veille.

Pourquoi la vie devait-elle basculer ainsi, du jour au lendemain  ? On a toujours l'impression que nos parents sont éternels, mais à peine avons-nous le temps de nous retourner que ces derniers nous quittent déjà. La guerre, la maladie est partout. Personne n'est à l’abri de la mort. Elle nous suit tout au long de nôtre vie, nous guette et attends son dû tapis dans l'ombre. Si j'ai peur de la mort  ? Non, je n'ai pas peur de mourir, je crains seulement de souffrir.

Refermant la porte de l'immeuble, je me mettais en marche, un joins coincé entre mes lèvres. Les gens passent, parfois même se retournent sur moi. Mais je ne les vois pas. Je pourrais passer pour une personne si solitaire. Seulement je ne suis jamais seul, et jamais je ne pourrais me faire de cet être immonde cohabitant dans cette prison qu'est mon corps. Nous y sommes scellés. Telle est la malédiction qu'est la mienne. J'étais venu à Victoria en espérant accepter enfin ce que je suis, vivre mes penchants sans honte ni crainte. Au fond de moi, la débauche, la luxure, l'envie, la passion ne faisaient qu'un. Comme enfermés à double tour, qui pourrait me voir ainsi. Jamais je n'ai touché un homme si ce n'est Andréas, et comme par fatalité Stone lui avait ôter la vie. Stone, le meurtrier qui réside en mon enveloppe charnelle. Quel prix, pour tant de folie  ? Je me sentais prisonnier de mon monde intérieur, comme si personne ne pouvait m'entendre, comme si personne ne pouvait m'atteindre. J'avais beau hurler à m'en faire péter les cordes vocales, je n'étais qu'un enfant appelant à l'aide sans secours des cris. Aux yeux de tous, j'étais un jeune homme d'apparence froide et solitaire. S'ils savaient seulement... je ne fais en réalité que de les protéger de mon corps et de ma folie, de mes vices, les protéger de Stone.




«  En retard Cameron. Tu devras me tailler une pipe s'tu continue comme ça. Sale gosse va  !  »




Dany, mon patron, vint me sermonner sur un ton plutôt jovial, ébouriffant mes cheveux encore mouillés tandis que je passais la porte. Depuis mon arrivée au pays, il n'avait cesser de me faire des avances. A croire que tout le monde souhaitait que j'assassine quelqu'un. La seule raison de ma présence ici, ma seule motivation était celle de retrouver mon frère. Le reste ma foi, m'était secondaire. Repoussant gentiment Dany, je passais derrière le bar pour vérifier le fut à bière ainsi que le niveau des différentes bouteilles. Après tout, il fallait bien que je m'occupe durant la journée. La plupart des gens ne venaient qu'à la nuit tombée pour profiter des shows, alors je faisais en sorte de combler le temps que je passais à me faire, il fallait le dire, littéralement chier. Bosser dans ce bar me permettait non seulement de payer mon loyer, mais également de m'améliorer dans la langue locale. Je pense par ailleurs que mon accent allemand est l'une des choses qui font que Dany soit tant sur mon dos. Décidément il n'était pas décidé à abandonner son idée.

Je soupirais en le voyant à l'autre bout de la salle, m'adresser un clin d'oeil avant de se remettre à vérifier les crochets à suspensions au plafond. Ces derniers nous servait lors des danses de charmes de certains danseurs bossant ici. La lieux accueillait chaque soir plusieurs centaines de personne, ce qui en faisait sa renommée.  Moi, j'avais postulé en tant que barman à mon arrivée à Victoria, mais le patron avait insisté pour je prenne un second job en tant que strip teaseur après que le précédent ce soit marié. C'est ainsi que trois soir en semaine ainsi que le dimanche soir, je dévoilais à qui voulait le voir, le moindre centimètre de ma peau. Certains payaient même très cher pour un show privé, que je refusais chaque fois cependant. Parfois, j'avais vraiment l'impression d'être une pute ici. Si je devais me donner, ce serait à une personne que j'aurais choisis, et non pour de l'argent.

Bien vite, je me retrouvais avec un autre barman, qui était actuellement en période d'essai. Un simple signe de tête me suffisait pour le saluer. A vrai dire, je ne voulais pas avoir affaire avec grand monde ici. Du moins c'est ce que j'essayais de me rentrer dans le crane.



«  Hey toi l'nouveau, j'te laisse le bar, j'vais fumer une clope.  »
 

 
D'un geste de la main, il me fit comprendre que je pouvais partir serein. Soupirant, je poussais enfin la porte de service, respirant l'air frais avant d'emplir mes poumons du poison qu'était le joins que je m'étais préparé plus tôt ce matin. Pour la plupart des gens ici, j'étais un inconnu, un mec mystérieux et renfermé, un employé de bar, l'objet d'un désir immédiat. En fin de compte, Dany était la seule personne que je fréquentais - du moins, si on peut appeler cela fréquenter – ici à Victoria. Mais personne ne savait vraiment qui j'étais et pour ma part, je ne connaissais personne. Peut-être était-ce mieux ainsi. Je pourrais alors protéger les gens de cet être en moi. Ma plus grande hantise était de retomber amoureux, et qu'à nouveau, Stone détruise ma vie par le biais de ce qui m'était le plus cher.

Dehors à l'air libre, je pouvais laisser libre cours à mon imagination, songeant à la suite de quelques accords que j'avais griffonné sur une serviette en papier la nuit passé. La musique était tout ce qui me raccrochait à la vie. Elle était l'échappatoire de cette prison qu'est mon corps, laissant mon esprit vagabonder à travers les notes, les mélodies, et parfois même le timbre de ma voix. L'art, quelque je pense que nous sommes tous un peu artiste à notre façon. Certains dessinent, d'autres cuisinent, d'autres excellent l'art oratoire, d'autres encore manient l'art de la sentimentalité. Nulle personne n'a besoin d'être extraordinaire. L'imagination est la base de l'art. Il nait de là, de notre esprit, d'une idée qui à mesure du temps, grandit et évolue. En chacun sommeil un artiste. Et moi, comme tout autre, je serais l'artiste de ma vie, qui avec embuches et efforts, deviendra la plus grande symphonie de tous les temps.

Sur cette pensée très philosophique, quelque chose, ou plutôt quelqu'un attira mon attention et c'est là que je «  le  » vit. Chaque matin je passais devant le salon de tatouage et en tout temps, je du avouer avoir jeter un coup d'oeil à l'intérieur de la boutique pour vérifier qu'il était là. C'est étrange, mais bien que ce soit moi qui aie menée ma petite inspection, j'avais toujours eu ce drôle de présentement qui vous donnait l'impression d'être observé sous toute couture. Etait-ce ma folie qui avait repris le dessus  ? La fatigue  ? La fruit de mon imagination  ? Mon regard croisa le sien et gêné, j'en fis tomber la fin de ma clope, une chaleur se déversant rapidement en moi alors que le sang affluait jusqu'à mes joues. Je repris cependant bien vite mes esprits, trop inquiet de passer pour une fillette, déjà que j'étais bien trop sensible pour un garçon. Je tentais donc tant bien que mal de l'ignorer, ayant pour but de regagner le bar lorsque je l'entendis pester. Me retournant alors en sa direction, je ne pu m'empêcher d'éclater de rire à le voir dans tant d'embarras. Le cadre était tellement adorable et sympathique. L'ultimatum se posait alors. Valait-il mieux rire à gorge déployé avant de se réfugier à l'intérieur, ou simplement tenter de retrouver en moi une lueur d'humanité  ? J'optais finalement pour la seconde option lorsque je vis le matériel prêt à tomber et s'écraser sur le sol. Vu le prix du matos, ceci Serait vraiment du gâchis.  Accourant alors, je me saisis de plusieurs de tes affaires, ne pouvant m'empêcher de rire. En cet instant, quiconque aurait pu croire que ce rire dégageait bonne humeur et gaieté. Mais au fond, personne ne savait, à quel point j'étais brisé.



«  Laisse moi t'aider  !   Ce s'rait dommage que c'la atterrisse par terre  !»



Je lui offris un doux et tendre sourire alors qu'à nouveau, mes deux prunelles bleues croisaient le siens. Auparavant, je n'avais jamais eu la chance de l'observer de si près. A présent, nous étions nez à nez. Mon sourire peu à peu s'estompa, et une fois de plus, je me laissait envahir par l'inspiration et la poésie. Peut-être pourrais-je écrire à son sujet  ? Composer une ballade penchant vers la complainte. En cet instant, je me perdais, perdais dans les méandres de ses prunelles. Je perdais pieds dans les eaux, je m'enfonçais peu à peu. Le temps semblait ne plus avoir d'emprise sur moi, bien que par moment, j'eu l'impression de manquer d'air. Pourquoi ne l'avais plus tôt croisé  ? Pouvais-je le laisser converser  ? Le mettais-je en danger  ? Ou bien était-il déjà trop tard...


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MessageSujet: Re: In the end, as we fell into the night.    23.03.14 4:17

In the end, as we fell into the night. Who will tell the story of your life?
Nemo & Cameron


Je me suis toujours trouvé ridicule. J'essaie de me créer des contacts avec d'autres personnes, étant donné que je n'ai pas un très grand cercle de connaissance ici excepté ceux avec qui je bosse, n'ayant plus de famille depuis déjà plusieurs années et ayant toujours été socialement awkward, et dès que j'essaie de ''passer à l'action'' et de m'adresser à de nouvelles personnes qui m'avaient tapés à l'oeil et m'avaient semblé sympas, je bloque. Je fige. J'essaie d'avoir de l'assurance, mais pourtant, je fini par devenir maladroit, mal à l'aise. Et c'est pas comme si c'était en train de s'arranger. Je l'avais vu, lui, ce beau jeune homme mystérieux aux cheveux d'ébène, et j'aurais très bien pus aller lui parler. Je planais aller lui parler. Jusqu'à ce qu'il relève les yeux, que nos regards se croise et que je sente celle boule au creux de mon estomac. Je le fixai un moment, sans arriver à détourner le regard, ralentissant le pas, jusqu'à ce que je sente cette bouffée de chaleur me monter aux joues. Je détournai aussitôt le regard et piquai en direction du studio d'un pas pressé. J'essayai d'ouvrir la porte, mais sans succès. Je maudissais cette porte qui s'ouvrait vers l'extérieur, donc que je devais tirer et non pousser pour l'ouvrir. Je laissai échapper un soupir énervé alors que je jetais un regard purement agacé à travers la baie vitrée afin d'essayer de voir si l'un de mes collègues se trouvait dans le salon principale. Et, bien sûr, il n'y avait personne. Ils devaient tous être occupé avec un client. J'appuyai ma tête sur la porte de vitre un instant, avant de recommencer à nouveau, manoeuvrant du mieux que je le pouvais, tentant d'ouvrir celle-ci avec mon petit doigt, n'importe quoi. Mais c'est quand je sentis les feuilles lousses de mon cahier à croquis commencer à tomber.

« Well fuck... », laissai-je échapper alors que je me penchais tranquillement avant que le tout ne tombe. Je ne pouvais laisser ces feuilles s'envoler dans la brise qui soufflait assez fort, aujourd'hui. Si je perdais ces croquis, je pouvais perdre des clients puisque certains étaient des arts finaux pour être tatoués à leur prochain rendez-vous. Je préférais échapper les gobelets plutôt que de voir mes mines d'or s'envoler.

Un rire retentit avant que je ne sente qu'on attrape une bonne partie de ce que je transportais. Je relevai mes prunelles afin de croiser le regard définit par des lignes noires du jeune homme. Je figeai à nouveau. C'était la première fois que je le voyais de si près et je n'avais jamais réalisé la profondeur de ce regard. Une réflexion bleue pâle, envoûtante, mais décelant un mal, une tristesse, voir un abandon. Ce rire qu'il avait laissé échapper. Bien qu'il avait paru gai, heureux, il venait tout juste de prendre une tournure différente; Un rire forcé ? Voir brisé ? Il y avait quelque chose au creux de moi qui avait envie de lui lancer cette bouée, l'empêcher de caler. Mais se noyer à cause de quoi ? Comment pouvais-je affirmer que cet homme était brisé ? Et comment pouvais-je l'aider si je n'arrivais même pas à prendre soin de moi-même ?

Sa voix me ramena à la réalité. Elle m'avait surpris, à vrai dire. Sa voix est grave, profonde, quasiment sensuelle. Mais un petit quelque chose cloche. Son accent. Ce n'est pas l'accent américain où l'on dégueule les mots. C'est un peu plus poussé, saccadé, on pourrait dire. Si je n'avais pas pris ces cours d'Allemand du temps où j'étais encore aux études pour devenir traducteur ou professeur de langue, je n'aurais pas pus reconnaître l'origine de ces mots crêtés. N'empêche, une fois que tout ce que j'avais sur moi semblait sauvé d'une chute imminente, je pus me redresser, finalement, lui faisant complètement face pour la première fois, le surplombant de quelques centimètres. J'ai toujours maudit le fait que je suis aussi grand.

« Hmmm... Danke ? C'est apprécié, comme aide. Désolé de t'avoir fait déplacer jusqu'ici à cause de mon incompétence. »

Une main à présent libéré parce que mon vis-à-vis avait prit la peine d'attraper l'un des cabaret de carton, je me massai machinalement la nuque, gêné. J'attendis un instant puis ouvrit la porte, utilisant ensuite ma jambe pour retenir le panneau de vitre tout en tendant ma main libre pour ne pas qu'il ait à porter mes trucs pour moi plus longtemps.

« J'ai pus en déduire, même si je peux très bien me tromper, que tu bosses à côté. Au bar, right ? Je ne vais pas te retenir plus longtemps... C'est déjà gentil d'être venu m'aider... Je devrais pouvoir me débrouiller à partir de maintenant. »

Je disais ça, mais je n'avais pas envie de me retrouver seul. Tout le monde était occupé à tatouer au studio et j'avais réussi à franchir la première étape qui était de parler à ce type que j'observais, comme un con, à chaque fois qu'il passait devant le studio. Trouver une excuse. Il fallait que je me trouve une excuse. N'importe laquelle. Aller Nemo. N'importe quoi. Vite, sinon il partira.

« En fait, ça te dérangerais de venir les déposer sur le comptoir ? Juste au cas où j'échappe un truc. »

Je le laissai passer avant moi, tenant toujours la porte de mon pied, puis pénétrai la boutique à mon tour derrière le noiraud. Je passai à côté de lui afin d'aller faire le tour du comptoir et déposer le cabaret de carton, gueulant un simple « Coffee, everybody ! » avant de déposer mon sac, où se trouvait des instruments de tatouage que je voulais désinfecter et me retourner pour faire face au jeune homme que je connaissais toujours pas son petit nom.

« Danke... wieder... Tu peux déposer ça sur le comptoir. », le remerciai-je à nouveau en enlevant le bonnet que j'avais sur la tête -non qu'il fait froid... Juste que je m'étais levé avec une sale crinière ce matin qui ne voulait simplement pas se dompter... et non qu'elle était mieux présentement, mais j'en avais marre de porter un truc sur ma tête- et ébouriffai quelque peu mes cheveux de ma main droite. J'hésitai un moment, le fixant, l'admirant en fait, je ne vais pas le cacher à personne, silencieux. Puis je glissai un simple. « Nemo, au fait. C'est comme ça que tout le monde m'appelle. Et la beauté devant moi doit bien avoir un nom aussi ? »

Je rougis instantanément. J'ai toujours été nul pour faire des avances, quoi que c'en était pas nécessairement, juste que je voulais apprendre à le connaître d'avantage, mais il me plaisait à l'oeil et je n'allais pas le cacher. Pourquoi cacher à quelqu'un quand il est beau ? N'empêche, je ne pus m'empêcher de laisser échapper un rictus gêné, souriant bêtement et baissant les yeux, ouvrant mon sac et sortant le contenu, faisant comme si de rien était, comme si je n'étais pas gêné, ce qui en est complètement le contraire. Respire, gros bêta. T'as fait un compliment, c'est tout. C'est pas comme si tu venais de le demander en mariage. No wonder que tu n'as pas eu d'autres petit ami depuis que tu t'es fais larguer par ton stupide ex copain. T'es même pas capable d'avoir des couilles devant les autres. Les seules façons que t'es capable de te ramener un homme, c'est en te saoulant la gueule assez pour ne plus ressentir la gênes. T'es un vrai mess, Nemo. Tu sais ça ?
Je relevai la tête, ramenant mes cheveux emmêlés vers l'arrière d'un coup rapide de ma main puis, toujours sans oser le regarder, faisant le tour de la boutique de mes prunelles noisettes, je pris mon propre café afin d'en prendre une gorgée.
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MessageSujet: Re: In the end, as we fell into the night.    15.05.14 23:04

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Intrigué par la créature semblant si surnaturelle que j'avais alors devant moi, attirant à la fois mes sens et ma curiosité, je me laissais aisément guidé par sa voix. J'entrais alors dans le salon, mes  New Rocks claquant lourdement sur le sol. Je m'arrêtais un bref instant, après avoir laissé l'espace nécessaire au jeune homme d'entrer, bien que chargé, tandis que j'étais en train de lui garder à mon tour la porte ouverte à l'aide de mon pied, calant cette dernière pour l'empêcher de se refermer. Je lui adressais un petit clin d'oeil malicieux lorsqu'il passa le seuil, pour ensuite me diriger vers ce qui me sembla être le comptoirs, y déposant le matériel que je venais de, quelques instants auparavant, sauvé de justesse.  Il me sembla ne pas lui être insensible, et ceci me fit intérieurement sourire. Mon cœur est un vide, tellement difficile à ouvrir. Cependant, je laissais mes prunelles océan se poser sur lui un long moment avant parcourir la pièce du regard. Il y avait bien longtemps que je n'avais fréquenté de salon de tatouage mais à vrai dire, j'en était déjà recouvert. Rien ne me retenait ici, dans cette boutique, et pourtant l'envie de retourner au bar me sembla bien ennuyeuse. Peu de gens le fréquentait de jours et ceci pour mon plus terrible ennuis. Je ne savais pas si j'allais réellement m'attiser des noises pour ma sortie clandestine, mais pourtant j’espérais pouvoir trouver une excuse afin de m'éterniser un peu ici.  

Sortant de ma rêverie, je pu aisément remarquer la chevelure du jeune homme à présent à découvert. Elle paraissait si soyeuse, si douce, que l'envie de glisser mes doigts dedans me chatouillait. Je me retins cependant en te voyant poser le regard sur moi, te présentant avant de me demander mon nom. Surpris d'avoir été interrompu dans ma douce Utopie, mes yeux s'écarquillèrent légèrement et je rougis malgré moi, confus et un peu honteux de m'être certainement fait prendre sur le fait. Mais cependant, il s'avera que le jeune homme se trouva bien plus intimidé et que moi. Peut-être serait-il d'une agréable compagnie cette nuit durant mon service. Peut-être lui accorderais-je un show privé ? A vrai dire, sa timidité apparente et sa gêne me plaisait beaucoup chez lui. Je savais qu'il me serait plaisant de travailler devant lui. Quitte à gagner son pain, autant parfois y prendre plaisir. Me mordillant la lèvre inférieure, restant silencieux et hésitant, je glissais mon regard dans le siens avant qu'il ne se détourne de moi. Apparemment bien trop gêné pour me faire face tant de temps. J'étouffais donc pour moi-même un petit rire, et décidé à m'amuser un peu ce soir, je me faufilais dans don dos, glissant mes deux mains sur ses hanches avec assurance. En un rien de temps, mes lèvres frôlèrent sa nuque avant d'atteindre son oreille et je lui murmurais alors ces quelques mots.



«  Ne soit pas timide... Nemo... Je ne vais pas te manger... »


Sur ces mots, je me détachais de son corps, reprenant le chemin de la sortie avant de lui adressé un signe de la main et mon plus beau sourire.



«  Si tu veux connaître mon nom, vient au bar ce soir.. et peut-être alors qu'à cet instant, je te le dirais. » Lançais-je une dernière fois avant de m'évanouir dans la rue, rejoignant mon poste, mon gagne pain, mon fardeau.



Etonnement, Dany n'avait pas remarquer mon absence lorsque je pénétrais dans la pièce pour rejoindre le bar. Le gamin était toujours là, griffonnant des pikachus sur une serviette en papier. Je levais donc les yeux au ciel, amusé par tant d'imagination. Ceci était bien entendu ironique. Le taquinant, je me saisis de la serviette et admirais ces petits bonhommes à peine reconnaissable. Ici, tout était bon afin de passer le temps, ne pas trop s'ennuyer. Je lui rendis donc son « chef d'oeuvre » lui adressant un clin d'oeil en lui faisant comprendre que ceci resterait entre nous. Il me répondis par un simple sourire avant d'aller faire le tout des tables pour les nettoyer. Quand à moi, je me m'assieds au bar, dos courbés, bras croisés sur le vieux bois, mon menton reposant sur ces derniers avant qu'un soupire ne s'échappe de la barrière de mes lèvres. Que la vie était triste, ennuyeuse, morose. Jusqu'ici, elle ne m'avait rien apporté si ce n'était que la peine, le désespoir, la ruine et la haine, l'endurcissement et finalement la folie.

En moi résidait un être bien plus malfaisant que quiconque n'aurait pu l'imaginer. Il se nourrissait de ma chaire et de mon sang, consumait ma raison et dévorait mon âme. Cet autre moi, celui qui sans prévenir prenait ma place. Monstre sanguinaire assoiffé de vengeance dans le simple but d'apaiser sa peine, se prenant aux lus faible aux gens qui auraient pu me blesser. Il est un démon qui un jour, élu domicile en mon enveloppe charnelle. Un monstre appelé là folie. Tant de fois j'avais sali mes mains, tant de fois je n'avais pu empêcher ces pulsions de prendre le dessus. Tous, oui, je voulais tous leur faire payer... leur faire payer de m'avoir montrer du doigts. Différent, oui c'est ce que je suis. Devait-ce cependant se passer ainsi ? L'amour d'un homme un jour me détruit, et c'est ainsi que Stone le vainc à son tour. Stone, douce et délicieuse créature sortie des ténèbres, ma délicieuse folie.

Comment un meurtrier tel que moi pourrait-il aimer à nouveau ? Comment pourrait-on aimer un monstre ? La Belle et la Bête n'existent pas de ce monde où les fins heureuse sont à jamais bannies. Je suis le fantôme, le prédateur. La rédemption pour moi ne sera pas. Et pourtant, ces deux yeux... je n'arrivaient pas à me les sortir de la tête. Cet être semblait si fragile, si insouciant du monde si sombre qui se répandait autour de nous. Son innocence était si précieuse. Comment préserver une telle innocence... un tel regard... Que décelait-il ? Quel était son secret ? Je voulais en savoir davantage. Je voulais le revoir, l'étudier, le comprendre. Ne voyait-il donc point que j'incarnait le mal ? Le blesser.. je savais que j'en était capable... capable de le blesser. Cependant, pour rien au monde je n'aurait voulu ébranler cette innocence. Innocence, si belle innocence comme un papillon n'ayant conscience de sa vie si tragique. Merveilleuse et pourtant si éphémère. Chienne de vie. Pourquoi avait-il fallu que je croise l'innocence, cette plume de légèreté, cet halo de lumière.

Amour dites-vous ? Non, bien sur que non. J'étais simplement émerveillé. Émerveillé de voir qu'e,n cette personne résidait une chose qui s'était éteinte en moi il y a de cela fort longtemps : L'espoir. Se mettre à nu, tomber les masques, nous en sommes tous capable. Souvent nous n’osons pas. Pas peur ou soumission, parfois les deux. Nous ne voulons pas voir qui nous sommes réellement, même peut-être que si l'espoir un jour puisse passer ma porte, alors peut-être que ce jour, je serais de nouveau en paix avec moi même. Je me retrouverai et ce jour là alors, je ne serai plus seul.

Au fond, et même au plus profond de moi, je ne savais pas, ou du moins, je ne savais plus réellement pourquoi je l'avais inviter au bar. Je tentais de me persuader que tout ceci n'était que pour briser l'ennui, me rapporter un peu plus d'argent. Mais au fond, il y avait autre chose, cette chose impossible à déceler. Peut-être aurais-je ma réponse ce soir, peut-être pas. Le temps ici s'écoulait si lentement qu'on aurait pu croire que le temps l'espace d'un instant s'était figé à tout jamais. Mais rien ni personne n'arrête le temps, notre ennemi juré. Nous rapprochant toujours plus vers la mort, nous volant ce que nous avons de plus cher, les gens que nous aimons. Le temps, l'amour, sont des poisons viscéraux. Ils vous happe et vous détruise avant que vous n'ayez eu le temps de vous rendre compte de la supercherie.

Ce n'est que lorsque je sursautais, réveillé par l'eau glaciale que je compris ma faute, une fois de plus piégé par le temps et l'ennui. Je m'étais endormi. La nuit commençait à tomber et j'étais de danse ce soir, ce qui au fond, ne me réjouissait pas. A présent trempé, je fis mine de ne pas entendre le sermonage du patron, me contentant d'éponger l'eau à l'aide d'une serpillère, pour finallement m'éclipser dans les vestiaires. Le dialogue n'avait jamais été mon point fort et depuis ma quête de retrouver mon frère, il était devenu d'autant plus difficile. Observer les gens, espioner, ne parler que lorsque c'est necessaire. S'il avait bien une chose positive que le temps m'avait appris, c'était de n'avoir confiance en personne, de ne jamais se confier. Moins les gens en savent sur vous et plus vous aurez l'avantage. Apprendre à se connaître, c'est aussi apprendre à se détruire et au fond de moi, le cœur battant et la gorge noué, enfilant mon costume de scène, j'espérais que tu ne me détruise pas.

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MessageSujet: Re: In the end, as we fell into the night.    08.08.14 17:13

Déplacé à la corbeille suite à la suppression de Cameron pour inactivité, désolée .
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MessageSujet: Re: In the end, as we fell into the night.    

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In the end, as we fell into the night.
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